Quoi de neuf en Islande ? Et bien...Je bosse, je stagiairise studieusement et je tente d'avoir du temps en dehors de tout ça. Ce n'est pas si simple quand on habite dans son bureau et que la maison est remplie de participant, de gens sympa dont j'oublie le prénom, à peine ils me le disent. Manque de chance, la plupart retiennent le mien même 2 semaines après... Normal, je suis souvent la première personne qui les accueille et les renseigne.
J'ai été leader (14 au 24 juillet) un chantier en Slovaquie. J'ai accompagné un groupe d'Islandais à un youth exchange. Qu'est-ce donc que cela ? Et bien il s'agit d'une dépense inutile de l'UE dans le cadre du programme Youth, le même qui finance mon SVE. En résumé, l'UE finance un rassemblement de jeunes, qui se réunissent pour passer du bon temps, organiser une orgie dans certains cas, et ce, sous un prétexte d'échange interculturel favorisant la solidarité entre les peuples, la paix dans le monde et autres idées telles que l'éducation au respect de l'environnement. Tout est payé sauf l'alcool. D'ailleurs, l'organisation d'accueil avait décidé de l'interdire pour prévenir ce qui se passe généralement dans ce genre de réunion. Ce fut bien suivi, d'autant que la plupart des participants étaient mineurs. Donc, pas d'orgie, mais pas vraiment de fun non plus et beaucoup d'énergie perdu en surveillance des gamins.
Cet échange fut ennuyant. Les gens étaient certes gentils, mais ils n'étaient pas motivés par le sujet qui était « Leave nothing but footprint ». Les débats étaient inintéressants, car la plupart n'avaient aucune connaissance des sujets. Difficiles de parler d'énergie renouvelable et de débattre quand les gens n'y connaissent rien et que leur niveau d'anglais et trop bas pour qu'ils puissent participer. Je me suis retrouvé à faire une bonne partie des interventions sur les énergies renouvelables, le réchauffement climatique, le nucléaire, la surpêche ou un exposé sur les schtroumpfs "pionnier du développement durable" (profitant d'un PowerPoint réaliser pour un examen d'anglais de l'année dernière) alors que je n'avais prévu que deux présentations relatives à mon stage et Clean Up the World. J'ai pu utiliser quelque PowerPoint laissé par nos intervenants en cours, comme quoi cela peut être utile. L'exercice fut intéressant d'autant qu'il se faisait en anglais
.
Mon problème fut une gamine mythomane, hystérique et manipulatrice pénible à gérer et j'ai passé les derniers jours sur les nerfs, car elle faisait partie de mon groupe d'Islandais et que j'étais donc le premier leader concerné. Heureusement, la première semaine fut agréable grâce à mes retrouvailles avec un ami espagnol rencontré en Bosnie l'année dernière sur un chantier Emmaüs. C'était plutôt marrant de se retrouver en Slovaquie où il était de passage.
La Slovaquie m'a un peu trop rappelé la France. Nous étions à Levice, une petite ville à 1 h 30 de train de Bratislava et, si je n'ai pas vu la France depuis 3 mois, j'ai eu l'impression, agréable au début, mais rapidement ennuyante, d'y être. Sans doute, car il y a plus de similarités entre la Slovaquie et la France qu'avec l'Islande. Mêmes paysages, même type de maison, de rue à quelques détails près comme le mobilier urbain et les enseignes en slovaque. Un leader slovaque m'a confirmé qu'il a eu l'impression d'être en Slovaquie pendant un camp qu'il a fait en France...Ce n'est donc pas que mon impression.
Le meilleur moment du voyage aura été le voyage retour avec la visite de Prague. Une participante que j'ai rencontré en Islande m'a invité avec ma bande d'Islandais à dormir chez elle. Elle nous a fait une visite guidée de la ville et arrangé une soirée sympa dans un bon bar (tellement bon qu'il faut réserver avant). Le lendemain, 8 heures d'escales à Copenhague donc nous avons pris le temps de visiter cette ville qui vaut le détour. À propos de détour, je dois absolument en faire un pour retourner à Prague car un jour n'est pas suffisant pour découvrir cette ville magnifique.
Retour en Iceland et qu'une envie, me changer les idées après ce camp exténuant.
Je repartais le lendemain pour visiter le nord de l'Islande sous prétexte de conduire 3 participants dans un chantier. Quel plaisir de retrouver les paysages islandais, conduire une voiture puissante sur ces routes sinueuses avec un lever de soleil illuminant les fjords noyés dans les nuages .
Le lendemain un ami polonais me propose d'aller randonnée 4 jours sur le sentier le plus réputé d'Islande : Landmanalaugar to Thorsmork que l'on peut prolonger d'une journée pour atteindre Skogar en passant entre deux glaciers. L'occasion de partir et trop belle et il nous faut la saisir, car 4 jours de libre ensemble ne sont pas si simples à trouver. Le temps d'une après-midi et nous étions prêts.
Départ en retard et en courant le matin, car la veille était aussi une soirée d'adieu avec des participants dont nous étions proches et le lever ne fut pas facile. Un long trajet en bus plus tard et nous étions à Laudmanalaugar. La place et encombré de touristes. On les sent préparer pour attaquer un sommet de 8000 mètres... en tout cas, ils ont l'équipement neuf et cher qui va bien. Ils ne l'utiliseront pour la plupart que pour une randonnée facile autour du camping...Je suis bien le seul avec des chaussures tige basse et un chapeau de cuir...
Je n'irai pas dans le détail. Disons qu'il n'y avait la plupart du temps personnes à porter de vue, que le camping sauvage et bien possible, la difficulté était de trouver des endroits jolis, avec de l'eau à l'abri du vent. C'était magnifique et après 3 semaines à visiter d'autre endroit, je n'ai pas trouvé plus beau et impressionnant.
De retour à Skipholt, Toti me demande d'aller leader pour quelques jours un camp dans un endroit superbe. Je ne prends pas ce travail comme un cadeau, j'aurai préféré rester à Rekjavik. Il n'empêche, me voilà seul à gérer un groupe de 13 participants. Je sais reconnaître un mauvais leader et mon boulot à parfois été de réparer leur erreur. Pourtant, je n'ai jamais vraiment été seul responsable d'un groupe. Cette fois-ci, j'ai pu mettre en application ce que j'ai appris en regardant les autres leaders, les bons, je me suis rappelé des activités, des jeux visant à créer un esprit d'équipe, à apprendre les prénoms, etc. que j'avais pu faire à mon EVS Training ou pendant ce camp en Slovaquie.
Mon idée était de gérer des gens motivés et matures et j'ai été franchement désappointé de voir ce côté mouton chez mes participants. Ils ne bougeront pas si je ne le dis pas préférant s'ennuyer sur place plutôt que se trouver quelque chose à faire. Ils attendent tout de moi et même quand je donne des instructions, l'inertie du groupe est terrible.
Le fait est que je laissais la liberté au groupe de bouger ou pas et de décider de lui-même ce qu'il faut faire. Je reste avec cette image du leader qui n'est qu'un participant parmi les autres excepté qu'il est le contact avec la communauté locale et qu'il a l'argent pour les courses. Seulement, des années de conditionnement font que pour certaines personnes, une fois un leader désigné, il lui remette quasi entièrement leur pouvoir de décision. C'est plutôt triste de voir que même un petit groupe est incapable de s'autogérer sans poser quelqu'un comme leader. Si nous faisions une randonnée et que le groupe s'arrêtait, certain, fatigué entamais une sieste quand d'autre souhaitait bouger. Ainsi, des participants m'ont dit apprécier la liberté que je leur laissais quand d'autre m'ont trouver manquant d'énergie pour bouger le groupe. Ces derniers étaient bien entendu la catégorie des gens pleins d'énergie pour bouger, mais incapables de se prendre en main jusqu'au bout, incapables de sortir du groupe et respectant une autorité de leader, qu'ils m'ont eux-mêmes donnée.
J'ai finalement accepté de jouer le rôle du leader qu'ils attendaient et est arrivé à ce moment-là le leader que je remplaçais. Si leader seul ce genre de groupe demande beaucoup d'énergie, le faire à deux et juste une partie de plaisir. J'étais supposé rester 2 ou 3 jours et puis je m'y plaisais de plus en plus, repoussant à chaque fois mon départ, les participant et l'autre leader me demandaient de rester ce que finalement je fis après avoir vérifier que mon absence ne serait pas un problème pour l'organisation.
Nos participants étaient feignants, mais adorables, le travail n'était pas bien dur et les excursions organisées par la communauté furent nombreuses et intéressantes. Nous étions tous les soirs invités dans un des 4 restaurants du village. Nous étions presque trop bien traités au regard du boulot que nous faisions pour eux et la population était vraiment sympathique avec nous... Les environs n'étaient que volcan et champ de lave et je suis parti plusieurs fois en auto-stop dans les environs grimper seul sur ces sommets. Aucun sentier n'y menait et la solution « tout droit » était la meilleure, la plus dangereuse, car ce n'est que rocaille et éboulis parfois abrupts, mais c'était la plus excitante. En résumé, ces deux semaines (4 au 20 aout) auront été l'expérience parfaite après un dur camp en Slovaquie.
Me voilà de retour à Reykjavik depuis 2 jours et quasiment toutes les responsabilités me tombent dessus, car celui qui m'avait relayé 2 mois dans mon travail est parti et les leaders se souviennent de moi comme faisant le boulot donc ils me tombent dessus. Je suis sensé en plus connaître tous les derniers changements et nouveaux événements... Pour le coup j'avais anticipé et j'appelais régulièrement mon Boss pour connaître les derniers potins : un camp annulé ici, un nouveau créer ici, un nouvel appartement pour loger les participants... Je suis donc sensé prendre toutes les décisions liées à l'organisation des camps, ce que je ne fais pas pour tout, car le dernier mot revient à Toti. Il n'empêche cela fais un choc et j'ai aussi choqué mes participants qui ne m'ont pas vraiment reconnu... oui, je suis passé l'espace d'un moment du leader sympathique au responsable sérieux que je n'avais pas d'autre choix d'être. Les leaders m'agressent de question sur leurs prochains camps, me donne leur paperasse, me demande de l'argent, etc. Il n'empêche, je ne laisserai pas cette maison me prendre mon énergie comme elle le fait si on se laisse aller à stresser pour une situation qui n'est pas vraiment complètement contrôlable. Chaque jour, nous improvisons. Si les participants savaient, à quel point cette organisation ne l'est pas, organisée, sans doute réfléchiraient-ils à deux fois avant de venir ! Bon, au final, ils auraient tord, car tout marche bien et il n'y a pas vraiment d'autre alternative que Veraldarvinir en Islande pour faire un chantier.
Je suis confronté à l'abus de pouvoir de certains leaders, un groupe de 3 polonais, qui s'ils sont bien gentils de m'aider manque parfois d'humanité et de compréhension avec les participants. Ce statut de leader est plein davantage et certains compensent leur complexe d'infériorité par un statut qu'il ne mérite pas. Je leurs ai mis les points sur les i"s » d'autant qu'ils critiquaient certaine de mes décisions qui faisaient plus appelle à la compréhension et l'envie d'aider un participant qu'une simple logique d'efficacité. J'essaye d'être juste même si cela peu ensuite me poser quelque problèmes organisationnels. Toti me soutient dans cette démarche et ne m'a jamais reproché d'avoir manqué d'efficacité quand c'était pour aider quelqu'un... j'aime mon boss 
Et à côté de tout cela j'ai eu le temps de faire ce site web pour mon projet et un camp va démarrer prochainement pour la partie éducative du projet dans les écoles. Il me faudra le gérer. Je vais préparer un training pour les participants.
Le ministère de l'Environnement se bouge car comme moi il aimerait faire l'étude sur les débris marins avant la fin de nos camps. Nous attendons la méthode de relevé mis au point dans le cadre de la convention OSPAR. Je me verrais bien faire un tour de la côte d'Islande en mini bus avec un groupe de participant pour faire ces relevés sur les plages sélectionnées.
Je dois aussi rédiger un rapport de stage pour le 15 sept.. 50 pages...Du boulot en perspective.
Je rentre le 24 septembre au soir, les soutenances sont le 25 et 26... Je n'aurai même pas réalisé que mon stage et finis que je me retrouverai à l'université pour en partir 2 jours après avec mon nouveau statut de chômeur diplômé ! J'ai déjà plein d'idées sur la manière d'utiliser cette liberté
Vive l'inconnu !